Aujourd’hui, j’aimerais passer un « coup de gueule » !! Un événement qui devient récurent et dont je suis tout simple écœurée. Pour la deuxième année, une chaine de magasin bien connu des Français ressort à l’approche de Noël leur jouets en bois. Ils sont aux normes Européenne, avec du bois PEFC (Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières) et surtout le tout est made in China.

Alors, oui ils sont beaux tous ces jouets et surtout le made in china n’est cher. Mais nous avons en France également d’excellent artisans-créateurs de jouets en bois. Effectivement, là où un jouets vous sera vendu 7€ car fait en milliers (voir millions) d’exemplaires, celui d’un artisan coutera plus cher. Et c’est normal, car il est fait à la main, mais aussi avec son cœur, pour que le morceau de bois issus de nos forêts avec lequel vont jouer votre enfant est une âme.

Vous pourrez aussi me dire que cela peut-être dangereux un jouet en bois car il y a des normes à respecter…. Oui, je ne vais pas vous dire le contraire. Mais comme n’importe quel objet à destination des enfants, il y a un minimum de bon sens à respecter, une fabrication responsable, en « bon père de famille » et surtout notre but n’est pas de mettre la vie des enfants en danger.

Pour ce qui est des normes à respecter, sachez que tous les artisans du jouet sont soumis à la norme du jouet. Celle-ci évolue constamment et de façon de plus en plus drastique. Légalement, nous devons faire tester en laboratoire tout nos jouets avant de pouvoir les vendre. Ce qui, vous vous en doutez à un coup qui n’est amortissable que si l’on fait de grandes séries. Bien sûr ce n’est pas notre cas, vu que les pièces sont soit uniques, soit de très petites séries, n’étant pas de petits industriels. Mais les normes ne font pas la différences entre un industriel et un artisan…

Comble de l’ironie, vous pouvez retrouver dans certains magasins des jouets en bois de nos amis européen avec une étiquette où il est inscrit « ARTICLES DE DÉCORATION, N’EST PAS RECOMMANDE AU MOINS DE 36 MOIS ». Et ils se vendent en France de façons tout à fait légale tout en se ventant d’être créer de façon artisanale.

De plus, j’ai appris récemment les étapes d’un protocole de tests en laboratoire. Celui-ci est pour une petites voitures en bois, et il n’est absolument pas adapter. Que ce soit la peinture, le vernis ou bien la colle norme jouet, ils sont tous à base d’eau.

Mais pour savoir si les roues peuvent supporter une traction de 10 kg, la petite voiture en bois, et plongée 4 mn dans de l’eau puis laissée séchée à l’air libre pendant 10 mn. Cette opération étant renouvelée encore 3 fois successivement, soit 4 trempages.

Tout le monde sait que le bois et l’eau ne font pas bon ménage, et que ce dernier est perméable à l’eau. Ajoutez-y une colle à base d’eau et on s’étonne que la roue ne résiste pas à une force de plus de 30 newton (il en faut 90 pour être en règle). Je ne vois pas trop l’intérêt d’un tel test pour une voiture, pour un bateau à la rigueur, mais là…

Malgré ces situations irrégulière, nous avons le droit de nous enregistrer comme artisan fabricant de jouet à la chambre des métiers, de cotiser au RSI… Mais ce travail, ce fait avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, car si la DDPP (direction départementale de la protection des population) s’intéresse à nous, notre activité s’arrête demain.

Cette situation est très hypocrite, car on nous permets d’exercer un métier en sachant pertinemment qu’il ne dégage pas assez de revenus pour assurer les exigences normatives européennes. Soit les jouets sont tous produits industriellement, soit on adapte pour que les artisans puissent travailler dans les règles mais de façons moins contraignantes, et ne pourrait-on pas envisager une dénomination (ou une case pour la DDPP) autre, telle que « Objet de divertissement artisanaux » pour nos créations et fabrications artisanales ?

Il ne s’agit pas naturellement de « faire tout et n’importe quoi », mais on pourrait aussi envisager d‘encadrer ces « Objets de divertissement artisanaux » par un code d’éthique (qui rassurerait notre société du tout-sécurité) et qui prendrait en compte nos contraintes de fabrication (pièces uniques ou petite séries), nos contraintes économiques (eh oui, nous devons aligner nos prix de vente sur les prix du marché des jouets d’importation si nous voulons vendre nos articles) et nos spécificités (créativité, inventivité,….).

Nous, oui, nous tous, car à force de vouloir vivre dans un monde sous papier bulle, nous cautionnons ces normes qui tue l’artisanat et notre savoir-faire Français, car nos jouets ne peuvent pas respecter les normes européenne, il ne nous reste plus qu’à essayer de vendre aux Chinois, qui eux sont friands d’artisanat français.

 

 

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